mercredi 9 mars 2011

Acheter du neuf, pour réduire sa consommation d'énergie et polluer moins

FAUX
Aujourd'hui, il faut sans cesse renouveler son matériel pour réduire sa consommation d'énergie.
Nouvel auto, nouveau frigo, nouvel ordinateur...Pour consommer moins d'énergie et ainsi polluer moins ?

Prenons l'exemple d'un ordinateur de bureau, fabriqué en Chine (pour la très grande majorité) où l’électricité est produite à partir du charbon. La plupart des sources (Ademe et AIE) conviennent que 1 kWh électrique produit à partir du charbon émet environ 0,980 kg de CO2. Comme il faut 900 kWh d’énergie pour produire un ordinateur (source : EcoInfo / étude EuP - ISSN 1404-191X), les émissions de CO2 résultantes sont d’environ 890 kg de CO2 auxquelles il faut ajouter environ 50 kg pour le transport. Au final, la fabrication de votre nouvel ordinateur a émis près d’une tonne (940 kg) de CO2 !

Passons à l’utilisation, selon l’Ademe, le kWh électrique émet en moyenne en France 90 grammes de CO2. Comme un ordinateur consomment environ 450 kWh d’électricité par an, son utilisation émet 40 kg de CO2 chaque année.

En France, il faut donc utiliser un ordinateur fabriqué en Chine plus de 24 ans pour émettre autant de CO2 que lors de sa fabrication.


La prime à la casse : pour une réduction des émissions de CO2 ?
La France a donné 600.000 primes à la casse avec de l’argent public, pour quel résultat ? Et où sont donc toutes ces voitures ? Quel en a été l'impact écologique ?

Chaque année 1,5 millions de véhicules finissent à la casse, tous pas forcément hors d'usage. Ces derniers mois, de nombreuses voitures se sont entassées dans les parcs des casses en attendant d'être démontées et de venir grossir les stocks de pièces détachées. Bien souvent les modèles les plus anciens sont passés directement à la broyeuse faute de place ou de débouchés pour les pièces. Il y a eu aussi beaucoup de voitures encore bon état qui ont échoué à la casse, parfois même nombre de voitures passant en prime à la casse étaient des voitures récentes parmi les dernières concernées par le dispositif (entre 8 et 10 ans), donc pas forcément hors d'usage.

Nombreux sont les professionnels du secteur à voir des véhicules partir à la casse en bon état : « en dehors des chiffres, un constat met toutefois toutes les casses automobiles d'accord. Des véhicules souvent en bon état ont été démolis. Ils ont été obligés de détruire des voitures « encore potables ».

C'est ce que ne manquent pas de signaler les commentaires d'internautes à la lecture d'articles de presse ou sur les forums automobile en déplorant le gaspillage d'automobiles en bon état, certes polluantes, mais dont la mécanique est robuste et l'entretien peu coûteux, et surtout qui pourraient faire le bonheur de personnes modestes dans le besoin d'une voiture correcte. Même teneur de propos en Grande Bretagne, avec une prime à la casse qui fait aussi des ravages. La prime à la casse signe bien que l'automobile est un objet de consommation ordinaire. Ce n'est pas tant son obsolescence mécanique qui pousse à la mettre au rebut mais plutôt le battage médiatique et les offres commerciales autour des nouveaux modèles.

S'il est indéniable que le renouvellement du parc automobile avec des véhicules moins consommateurs de carburant est une bonne chose, il est difficile de mesurer l'impact global de ce dispositif sur l'écologie.

Retirer les véhicules les plus anciens réduit la pollution mais la production de véhicules neufs engendre une consommation de matières premières et la destruction des vieux véhicules est lui aussi source de pollution.

Un arbre...
Certes, les véhicules actuel soumis à des normes européennes d'émissions de gaz polluants (normes EURO), ont des motorisations sophistiquées afin de réduire la consommation de carburant et ont intégré des dispositifs techniques tels que les vannes EGR, le pot catalytique, le filtre à particules pour limiter les rejets. Ainsi les véhicules neufs ont des rejets de gaz polluants de plus en plus faibles. Alors que l'on se focalise sur le dioxyde de carbone (CO2), il ne faut pas oublier que les véhicules actuels rejettent aussi du monoxyde de carbone et de l'oxyde d'azote dans les gaz d'échappement.

Qui cache la forêt...
Aux côtés de ces aspects vertueux des nouveaux véhicules, il faut rappeler que produire un véhicule neuf a un coût en termes de matières premières et de moyens économiques. Il faut extraire des matières premières telle que de l'acier, du plastique, du caoutchouc, du verre ; sans oublier l'énergie pour produire ces véhicules comme de l'électricité, de l'eau. Il faut des travailleurs pour fabriquer ces véhicules, ceux-ci doivent se déplacer pour venir travailler à l'usine (et le temps de transports n'a cessé d'augmenter par le fait que l'on habite toujours plus loin). Une fois fabriqués, il faut acheminer les véhicules vers les différentes concessions automobiles, depuis des usines en France mais aussi depuis des usines dispersées en Europe ou dans le monde. Autant de rejets de gaz à effet de serre intervenant dans la production de ces véhicules neufs difficiles à quantifier.

De plus, une voiture envoyée à la casse nécessite une dépollution puis la destruction de cette dernière ce qui consomme aussi des ressources et de la main d'œuvre.

On s'aperçoit aussi que peu de pièces de ces véhicules ont été récupérées devant l'afflux de véhicules dans les centres de dépollution. La principale matière première d'un véhicule, l'acier, a vu son prix baisser en 2009 ce qui n'a pas fait l'affaire des ferrailleurs avec les quantités d'acier arrivées sur le marché du fait de la prime à la casse, du coup les épaves se sont entassées dans les casses en attendant la reprise des cours de l'acier.

L'argument écologique d'un tel dispositif est à nuancer. Afin de vendre des voitures neuves qui sont effectivement moins polluantes, on a d'une part assuré la promotion des véhicules récents en vantant leurs vertus écologiques. D'autre part on a procédé à la stigmatisation des vieilles voitures associées à la pollution. Ainsi, on assure la bonne conscience des consommateurs.

La prime à la casse relève alors d'une vision de l'écologie à court terme où l'écologie n'est qu'un argument de vente afin de justifier cette incitation à la consommation.



Si elles sont importantes, les économies d’énergie lors de l’utilisation ne doivent pas détourner les utilisateurs de gestes tout aussi essentiels :
- utiliser le matériel le plus longtemps possible,
- acheter du matériel d’occasion quand cela est possible.

Malheureusement, toute l’industrie se concentre sur l’arbre qui cache la forêt, et ce sert de l'écologie comme outil promotionnel comme bon lui semble, en passant sous silence d'importants critères.
On oublie encore sciemment l’énergie grise émise en phase de fabrication et de transport, et on se concentre sur la phase d’utilisation.

sources :
lepost.fr
greenit

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